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12 octobre 2012 5 12 /10 /octobre /2012 09:36

 

f2c11f1ee3d0e11d603bCela fait deux mois maintenant que nous avons quitté Berlin, pour une nouvelle étape, une nouvelle ville.



De nouvelles habitudes à installer, de nouveaux repères à prendre, de nouveaux liens à créer.



Cela fait deux mois que je suis rentrée de Berlin et pourtant:



- Je continue d'attendre au passage piéton quand le petit bonhomme est rouge... Et quand j'ose m'aventuer de l'autre côté de la rue alors que c'est rouge, j'ai l'impression d'être le mal incarné !



- Mes Loulous regardent tous les soirs un épisode du Sandmännchen.



- On continue de dire qu'on va au "Spielplatz" quand on va au parc / square / à l'aire de jeux / au toboggan du coin. C'est vrai quoi, il n'y a pas de mot vraiment adapté en français...



- Nous n'avons pas racheté de Pom'Pots, dont mes enfants ont oublié jusqu'à l'existence. Maintenant, on leur donne des belles boîtes à goûter avec des morceaux de fruits frais dedans.



- J'aimerais bien rester un peu à la crèche, le soir, quand je viens chercher mon Loulou. Jouer avec lui dans son lieu familier, comme je le faisais avec ma Louloute dans son jardin d'enfants à Berlin. Mais ce n'est pas vraiment prévu comme cela...et pourtant c'est une crèche franco-allemande.



- Mon fils est le seul à porter des chaussettes antidarépantes à la crèche.



- Ma fille est la seule enfant de son âge à déjà savoir faire du vélo.



- Nos enfants sont les seuls à déambuler en claquettes à la piscine. Et pour ça aussi, on utilise le terme allemand. "T'as mis tes Badelatschen?"



- Je marche sur les pelouses des espaces verts et me rends compte un peu trop tard que j'avais zappé la pancarte "Nos pelouses centenaires sont réservées aux petits oiseaux"Ce n'est pas à Berlin qu'on verrait ça...



- Je truffe mes phrases de petits mots, genre "los" (on y va!) ou "komm" (viens!) ou "HophopHop" quand je m'adresse à mes Loulous.



"Völlig eingedeutscht"... complètement germanisés !

Bon, cela dit, on n'en est quand même pas à donner de la tisane à boire à nos Loulous ou à les sortir dehors par tous les temps sous prétexte qu'il faut aller au "frische Luft" (prendre l'air). Mais quand même, la vie allemande, par certains aspects nous manque un peu...



Enfin, je ne suis que moyennement dépaysée car dans notre nouvelle ville, tous les Spielplätze ont du sable par terre. Pour ma plus grande joie (arrrgghhhhhhhhhh!). Manqueraient plus que la municipalité importe la pompe à eau...

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16 février 2012 4 16 /02 /février /2012 14:44

32147_b3_pv.jpg

 

Mais qu'est ce que ça peut bien être, cette chose? Regardez bien de près...

A la base, je voulais juste poster cette photo et vous laisser mariner quelques jours, mais j'ai eu pitié de vous et surtout, j'étais impatiente de vous faire partager cette trouvaille, cette merveille de germanitude.

Alors, à quoi ça peut bien servir? De prime abord, on dirait une planche à découper. Cela se pourrait bien d'ailleurs, vu l'amour que les Allemands vouent au pain complet à trancher soi-même, et bien sûr à la charcuterie.

Mais pourquoi ces supports métalliques sur les côtés et au milieu? Pourquoi ce rond à gauche avec des petits trous?

 

Allez, je vous aide, je vous donne un indice supplémentaire avec cette photo:

 

32147_b4_pv.jpg

 

Tiens, étrange...Un verre de vin + un livre... Mais pourtant on ne lit pas à table ! Mais rappelez-vous, nous sommes en Allemagne, et en Allemagne, un bon verre de vin ne se déguste pas seulement à table, mais très volontiers aussi en dehors des repas, donc pourquoi pas avec un bon bouquin... Mais à gauche, qu'est ce que ça peut bien être? Un morceau de fromage sans goût allemand? Mais non, c'est un savon (Qui a dit "c'est la même chose !"...Je vous ai entendus, hein!).

Alors là, l'équation: livre+vin+savon+planche à découper...vous ne voyez pas comment la résoudre. Je sais, c'est difficile quand on est Français et que l'on n'est pas rompu aux us et coutumes germaniques.

 

On continue? (J'en vois qui trépignent d'impatience, au fond de la salle !)

 

32147 b2 zoom

 

Tadam ! Oui, oui, vous avez bien vu, ça s'utilise dans la baignoire (et ça marche aussi avec du vin rouge)

 

Attendez, je vous en mets une autre, plus parlante, je vois que vous ne me croyez pas:

 

32147_b1_pv.jpg

 

Et voilà ! L'objet mystère était donc une tablette destinée à prendre un bain tranquille (regarez le regard extatique de la madame de la photo! ça a l'air d'être le pied !) , tout en lisant, en buvant tranquille un verre de vin...sans oublier de se laver (cf. le porte-savon). Parce que nos amis allemands aiment plus que n'importe quel autre peuple au monde, prendre des bains. N'importe quel couple vous dira qu'au début de son histoire passionnée, il prenait des bains en amoureux. N'importe quelle mère de famille stressée vous dira que le soir, une fois les enfants couchés, elle aime se prendre un bon bain... avec un verre de vin. cela surprend, parce que nous autres, Français, ne conçevons de boire du vin qu'au cours d'un repas, en accompagnement de bons mets. Mais les Allemands emportent leur verre de vin partout... Et aiment le déguster du soir (avec des petits chocolats) au matin (du champagne (OK, Sekt) avec un petit-déj copieux: le luxe absolu).

 

Pour moi, cette tablette, sur laquelle je suis tombée en extase chez Tchibo (je vous raconterai un jour mon amour pour Tchibo, ces magasins où l'on vend du café et "des tas de petites choses dont le monde n'a pas besoin". Vraiment, j'adore, je pourais y passer ma vie), est l'incarnation parfaite de l'amour des Allemands pour la détente et le bien-être... Qui a dit que c'était un peuple rigide et stressé? C'est plutôt des Français qu'on pourrait dire ça...

 

Par contre, un seul regret concernant cette tablette-tchibo.... Elle ne comporte pas d'endroit pour poser THE objet sacré, ici, Outre-Rhin, j'ai nommé la bougie et, ça, ça serait quand même bien, parce qu'en plus du livre et du vin, un VRAI bon bain allemand se prend à la lueur des bougies (!).

 

Donc, chers amis allemands, je vous ai dégotté une autre tablette, moins chic, certes, mais avec bougeoir intégré. A vous les longues heures à infuser tranquille en sirotant votre vin espagnol:

 

Badewannenablage_Amazon.jpg

 

Ne me remerciez pas, je savais que ça vous ferait plaisir !

 

Par contre, pour moi qui ne prends jamais de bain...c'est un objet vraiment...inutile exotique.

 

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20 janvier 2012 5 20 /01 /janvier /2012 09:52

56298_web_R_K_B_by_Claudia-Hautumm_pixelio.de.jpgVous pensiez que vous fêtiez dignement les anniversaires de vos enfants? Ces journées pleines d'émotion où l'on se dit que le temps a passé si vite et où l'on se sent gonflée de fierté devant ces petits bouts de nous? Eh bien vous pouvez remballer vos fêtes d'anniversaire avec sculpteurs de ballons, vos gâteaux Hello Kitty et vos cadeaux achetés en vitesse au magasin de jouets du coin...parce que les Allemandes, elles, elles vous battent à platte couture.

 

Pour illustrer mes propos, dans le cadre de ce billet interculturel spécial "vendredis intellos", je cite l'ouvrage de Béatrice Durand, Cousins par alliance. les Allemands en notre miroir".

 

En France, l'anniversaire est une affaire restreinte à la famille nucléaire, dont l'importance décroît au fur et à mesure qu'on l'on avance dans l'âge (...) En Allemagne, l'anniversaire fait l'objet d'un rituel très marqué, qui ne se limite pas à la famille proche"

 

En Allemagne, on ne plaisante pas avec les anniversaires, c'est du lourd, du sérieux.

 

Un anniversaire se fête le jour J: on ne fête pas avant...à la rigueur après, mais grand Dieux, pas avant: sacrilège...à moins de faire ce que l'on appelle "reinfeiern", à savoir "fêter son entrée dans sa journée d'anniversaire", c'est-à-dire une pette fête la veille au soir, où l'on débouche le champagne Sekt à minuit, mais ça, c'est pour les "grands" seulement.

 

"Il faut féliciter le jour dit, féliciter quelqu'un en avance porte malheur."

 

Toute la journée, le Geburtstagskind (littérallement "l'enfant dont on fête l'anniversaire", mais on utilise encore ce terme, quoiqu'ironiquement, pour les adultes, donc au sens large "le héros de la fête") est à l'honneur. On le couvre de petites attentions et il est l'objet d'une sollicitude particulière: un petit guéridon est décoré pour l'occasion, sur lequel on dépose les cadeaux que le "Geburtsgaskind" trouvera à son réveil, avec des fleurs, une bougie, des cartes...

 

"Une amie me téléphone pour me demander un peu de réconfort: elle sera absente pour des raisons professionnelles à l'occasion du sixième anniversaire de son aîné et ses voisins, eux-mêmes parents, lui ont dit : "mais tu ne peux pas faire ça ! Cela risque de laisser des séquelle psychiques."

 

Un cadeau d'anniversaire est, idéalement, "selbstgebastelt", à savoir fait-main... C'est le summum de l'attention personnalisée et cela vaut tous les cadeaux achetés dans le commerce. Le tout étant bien sûr soigneusement emballé dans du papier cadeau, mais pas comme vous et moi le faites....non, avec des petites pliures, des éventails, bref, des origamis de papier cadeau...

 

"L'incompatibilité, à mes yeux, entre des gestes fortement codifiés et une dimension affective m'a longtemps empêchée de comprendre l'importance accordée par mes proches à ces petits gestes. Mettre une dédicace dans un livre que l'on offre pour personnaliser le cadeau, emballer joliment le cadeau...j'ai une vilaine tendance à négliger ces détails, ce qui ne contribuue pas peu à ma réputation de quelqu'un qui manque d'égards. je n'arrive pas à croire qu'on accorde du prix à des paroles ou à des gestes disqualifiés à mon sens par leur caractère formel ou stéréotypé . (...) J'aimerais d'ailleurs rendre ici hommage à la somptuosité des paquets-cadeaux allemands qui témoignent de cette façon particulière de "mettre tout son coeur dans un geste rituel": non seulement ils peuvent être magnifiques, mais ils peuvent être personnalisés, réhaussés et bricolés d'une manière dont la splendeur baroque dépasse tout ce que l'on peut imaginer en France. Le paquet-cadeau est pensé et reçu comme une marque d'affection.

 

Les adultes ont même le droit de quitter (encore!) plus tôt le travail ce jour là, voire de prendre leur demi-journée ou leur journée tellement l'occasion est célebrée...Dans le jardin d'enfant allemand de ma fille, les parents cotisent pour acheter un cadeau d'anniversaire aux éducateurs...dans la crèche (parentale!) que nous fréquentions en France: pas de cadeau d'anniv' pour les éducatrices...

 

Oublier de féliciter quelqu'un est considéré comme très grossier (...). c'est une marque d'indifférence.  (...) D'ailleurs, avant la chute du Mur, l'anniversaire "rond" d'un parent vivant dans l'autre Allemagne pouvait être un motif de se rendre en RDA pour les parents de l'Ouest et même parfois un motif d'autorisation de sortie pour les Allemands de l'Est!

 

Je l'ai bien vu cette semaine quand nous avons fêté l'anniversaire de ma Louloute...

 

Déjà, nous avons fait "petit" (seulement 7 enfants ! Un record déjà chez nous!), alors qu'il arrive fréquemment (du moins dans le jardin d'enfants de ma fille) que l'ensemble du groupe (14 enfants!) soit invité à l'occasion d'un petit déjeuner (autre institution allemande!) au domicile du Geburtstagskind.

Ensuite, une maman dont nous avions invité la fille et qui exerce le même métier que mon mari s'est offusquée que celui-ci veuille parler boulot avec elle quand elle a amené son enfant à l'anniversaire "On va pas parler boulot ! c'est un anniversaire d'enfants voyons!" (sous entendu: ce serait manquer de respect à l'enfant que de parasiter SA fête avec nos discussions d'adultes....ça déconne pas!)

Et une autre racontait que l'anniversaire de sa fille tombait au tout début des grandes vacances et qu'elle allait devoir attendre 6 semaines pour le fêter à la rentrée (alors qu'elle pourrait tout simplement le fêter au moment de départ en vacances: mais non, sacrilège!)

Et puis certaines mamans racontaient que c'était vraiment fabuleux d'avoir un enfant né l'été parce qu'on pouvait "fêter son anniversaire dehors", réflexion que j'ai déjà entendue plusieurs fois dans la bouche de mes amies allemandes, mais jamais en France... !

 

En Allemagne, l'anniversaire est l'expression la plus aboutie de la célébration de l'individu...

" et cette manifestation de l'individualisme allemand, qui n'exclue pas une attitude consensuelle et civique (par opposition à l'individualisme gaulois qui trouve son expression dans la contestation permanente), est rendue totalement opque aux yeux des observateurs français"

 

Contribution dans le cadre des Vendredis Intellos

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photo: Claudia Hautumm, pixelio.de

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30 novembre 2011 3 30 /11 /novembre /2011 17:59

 

331909_R_K_B_by_knipseline_pixelio.de.jpgLe 6 décembre, les Allemands fêtent la Saint Nicolas, que je connaissais parce que j'ai grandi en Lorraine. Mais il y a une énigme que je n'ai encore pas réussi à résoudre...peut-être pourrez-vous m'aider :pourquoi s'offrent-ils des père Noël en chocolat le 6 décembre en disant justement qu'ils s'offrent des St Nicolas (Nikolaus) vous me suivez? Chez moi, enfin en Lorraine, le St Nicolas il a une tête d’évêque, pas de père Noël !



Et le jour de Noël, je ne sais pas trop ce qui s'y passe puisque je l'ai toujours fêté en France. Mais je crois que le sapin est fait au dernier moment, le 24 décembre et qu'on accorde moins d'importance au repas qu'en France. On mange des choses plus simples (le soir du réveillon tout du moins), parce que ce qui importe, c'est d'être ensemble, bien au chaud, autour d'une bonne tasse de tisane ou de café, en chantant des chants de Noël (les Allemandes, vous me corrigez si je dis n'importe quoi, j'ai peut-être une vision totalement erronée ou "verklärt" du Noël allemand!)... Le 25, je crois qu'il mangent quand même une repas festif, avec de l'oie farcie ou quelque chose dans le genre. Et le 26 est un jour férié (comme en Alsace et en Moselle) et ils remettent une couche de Gemütlichkeit (concept difficilement traduisible, entre le cosy et le chaleureux, émotionnellement parlant)



A la St Sylvestre, c'est aussi différent: ils font des feux d'artifice. En Alsace aussi d'ailleurs. Ma fille est née un 31 décembre à 22h40 à Strasbourg et pendant qu'on me recousait que je lui faisais ses premiers câlins, je voyais le bouquet final par la fenêtre de la salle d'accouchement. Vous allez me dire, un tel chef d’œuvre valait au moins ça et je vous dirais que vous avez entièrement raison, mais que nous nous égarons, retournons au sujet de ce billet, s'il vous plaît!



En ensuite, après le Nouvel An...fini. Plus rien. C'est là que commence le rude hiver allemand. D'ailleurs quand on se souhaite la bonne année, on se souhaite "einen guten Rutsch", littéralement "une bonne glissade", dans la nouvelle année (ou sur le trottoir, c'est selon). Et c'est long l'hiver allemand, car plus rien ne vient nous distraire et mettre des étoiles dans les yeux des enfants.



Alors qu'en France, on fête la galette des rois, à la maison, au travail, au club de sport, à la frangipane. Et puis on souhaite "bonne-année-bonne-santé", et puis on va au ski et on fête la chandeleur (et mon anniversaire), puis le carnaval et ses beignets (ici aussi, mais sans beignets!). Bref, j'ai l'impression qu'on en fait moins au début de l'hiver et plus à la fin.



Mais qu'est ce que c'est bon, toute cette joie partagée, tous ces bons sentiments, tous ces "il faut qu'on réussisse à se voir avant Noël. Unbedingt!". Mais épuisant aussi, de mettre le paquet à ce point !

 

Photo: knipseline, pixelio.de



Et vous, on fête l'hiver comment, chez vous?

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27 novembre 2011 7 27 /11 /novembre /2011 16:51

 

95442_R_K_by_Karin-Schmidt_pixelio.de.jpgC'est bien au chaud dans un de mes cafés berlinois préférés, lors de ma sacro-sainte récré du vendredi que j'écris ce billet. Je vais vous raconter l'histoire...de l'entrée dans l'hiver allemand. Attention, n'imaginez pas tout de suite le froid, le vent,, le verglas, les pneus-neige, non, non, plongez vous dans la douceur sucrée et confortable de l'Avent et de l'avant. Ça y est, vous êtes bien installés?

En France, on aime fêter Noël, c'est un fait. Mais un Noël français, c'est surtout synonyme de grosse fête de famille et d'enfants gâtés. En Allemagne, la période qui précède Noël est presque aussi importante que le 25 décembre en lui-même.



Et ç a commence même avant la fameuse période de l'avent à  proprement parler. Pour entrer dans l 'hiver en douceur, à l'heure ou les jours raccourcissent et où la nuit tombe (très) tôt, les enfants fêtent la Saint Martin, qui a lieu le 11 novembre. Ils décorent des lanternes en papier et défilent en tenant fi èrement au bout d'un bâton leur lanterne éclairée d'une bougie. Je ne connaissais pas cette tradition que j'ai découverte cet automne dans le jardin d'enfants de ma fille. Tous les enfan ts, accompagnés de leurs parents, ont marché dans les rues autour de la Kita, à la nuit tombée, en chantant des chansons et à la fin, on s'est tous retrouvés autour d'un feu de camp et d'un verre de vin chaud. Gemütlich...DSC06666.JPG

 

 

Ensuite vient le premier dimanche de l'Avent, c'est ce dimanche justement et aujourd'hui, les personnes que j'ai saluées, les caissières comme les amis, m'ont souhaité « un heureux premier dimanche de l'Avent ». Vraiment pas comme en France, donc, où l'on se contente, au mieux, d'allumer la première bougie de la couronne de l'Avent. A compter de ce dimanche, et pendant 4 semaines, les Allemands décorent leur maison (mais ne font pas tout de suite le sapin!), préparent des petits sablés de Noël avec les enfants, se retrouvent entre amis ou entre collègues à l'occasion des Weihnachtsfeiern (fêtes de Noël, véritables institutions). C'est le temps des bougies allumées (encore plus que d'habitude, les Allemands étant particulièrement fans d'ambiances intimistes), de la cannelle à profusion, des fruits secs, du vin chaud, des marchés de Noël, des biscuits fait-maison qu'on offre dans des jolies boîtes, des cartes de vœux envoyées à (ou avant) Noël plutôt qu'à Nouvel-An...et des calendriers de l'Avent.



Je m'y étais mise depuis quelques années, au calendrier de l'Avent. Vous aussi peut-être, mais ici, rien à voir avec le calendrier en carton à l'effigie de t'choupi ou de Barbie avec des petites fenêtres prédécoupées derrière lesquelles se cache du mauvais chocolat... Non, ici, un calendrier de l'Avent se prépare avec tout l'amour que l'on porte à la personne à qui il est destiné...enfant ou adulte (oui, ce n'est pas que pour les petits!). Cette année, pour mes enfants, j'ai cherché avec grand plaisir tout plein de petites babioles à moins de 1 € que je vais fourrer, avec deux trois chocolats, dans une guirlande de petites pochettes que j'accrocherai à la rampe d'escalier. Chacun une...mais ce n 'est pas moi qui ai réalisé ces calendriers de l'Avent de mes blanches mains...(faut pas déconner quand même je suis une mère en Allemagne, mais pas une mère allemande...là il me reste encore beaucoup de chemin à faire et de dextérité à acquérir dans mes petits doigts!). J'ai hâte de voir la petite frimousse de mes Loulous au matin du 1er décembre !

 

(à suivre...!)

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23 octobre 2011 7 23 /10 /octobre /2011 13:42

 

318334_R_K_by_Wolfgang-Hoyer_pixelio.de.jpgPourquoi cette question me direz-vous? Une poussette, c'est une poussette, quel que soit le côté du Rhin où l'on se trouve. Ben non, s'il y a bien des objets où un mot ne recouvre pas la même réalité en France et en Allemagne, la poussette en fait partie (tout comme le "pain").

Déjà, il y a moins de poussettes qu'en France, ou disons plutôt qu'il y a plus de bébés portés en écharpe ou en porte bébé type Ergobaby qu'en France, notamment les plus jeunes. Les Allemands (enfin, surtout les Allemandes) accordant beaucoup d'importance à la proximité physique mère/enfant lors des premiers mois. Elles sont donc les championnes des nœuds d'écharpe (il existe plein de cours et ateliers de portage organisés par des sages-femmes) et les reines du passage du bébé dans le dos quand ils sont plus grands.


Par contre, quand elle se décident pour la poussette, là c'est tout de suite la poussette de compèt'. Rien à voir avec nos Loolas et nos MacLaren.

La poussette allemande a de grosses roues solides, bien amorties pour résister aux pavés berlinois. Pas besoin d 'avoir une mini poussette canne dès que possible pour survivre dans la jungle urbaine comme à Paris. Il y a de la place sur les trottoirs donc il doit y avoir de la place pour les enfants à l'intérieur de la poussette. Grand confort et haute technicité, donc. Ceci n'empêche pas cependant que la poussette soit un petit nid douillet et chaud, cosy, "gemütlich" comme on dit de façon intraduisible ici. Une annexe de la chambre de bébé, somme toute... En plus de l'indispensable peau de mouton (été comme hiver), les poussettes sont agrémentées de jouets et de hochets, de petites babioles en bois (toutes plus jolies les unes que les autres) et d'anneaux de dentition. L'enfant, quand à lui, est équipé (été comme hiver!) d'un petit bonnet qui couvre bien les oreilles. C'est comme ça ici, on aime (sur)protéger les enfants quand ils sont petits. Bien plus que chez nous, je vous assure. [Ensuite, la tendance s'inverse et les ados ont, comparés aux ados français, quasiment tous les droits]?


Je trouve aussi que les bébés sont laissés bien plus longtemps dans les landaus qu'en France. Pour mes enfants, le landau était en fait le cosy-nacelle en position allongée et entre 5 et 6 mois, je les ai passés en poussette assise. Ici, il y a déjà beaucoup moins de poussettes qui font pack: nacelle, cosy, hamac assis et beaucoup plus de poussettes tout en un. Et parfois, dans les quartiers les plus branchés où vivent les artistes et les bobos décalés, on affectionne même les landaus à l'ancienne (comme celui de la photo de ce billet), avec des grandes roues, comme ceux des années 70/80 que l'on dégote dans les brocantes et les marchés aux puces . Les landaus sont garnis de petites couettes, de petits draps et de jolies couvertures... Vintage et gemütlich, quoi...(Mes bébés étaient engoncés dans leurs combi pilote et enroulés dans une couverture polaire et hop, en voiture Simone!).Et je trouve aussi que les bébés sont souvent mis assis dans le landau (donc ils ont plus de six mois forcément), ou couchés à plat ventre...mais pas forcément couchés sur le dos et sanglés comme chez nous dans la nacelle qui fait aussi siège-auto. Il leur faut du confort, mais de la liberté de mouvement aussi ! Et quand on les passe en poussette assise, c'est beaucoup plus souvent face au parent qui pousse (à la mère, quoi...!) que chez nous.


Il y a aussi une catégorie de poussettes bien à part ici et que je n'ai jamais vue en France... vous avez peut-être déjà vu des remorques-chariots que l'on peut accrocher aux vélos? Il y en a ici aussi, des quantités même...eh bien ces chariots peuvent être transformés en poussettes...hop, une barre-guidon, deux roues supplémentaires et voici une poussette "sport" entièrement couverte. C'est super encombrant, mais très pratique pour être mobile en vélo.


Mais la reine des poussettes ici, c'est la Bugaboo, qui est à la poussette ce que la Loola est chez nous. On en voit partout, quel que soit la branchitude du quartier où l'on est. Et là encore, pas le tout petit modèle "bee" cher aux Parisiennes privées d'espace...non, un bon gros modèle bien costaud.


L’accessoire indispensable, quel que soit le type de poussette, c'est le filet. THE bon vieux filet noir qu'on attache aux poignées et dans lequel on met les milliards de choses qu'il faut trimbaler quand on est une "bonne" mère: les jeux pour le bac à sable, les biscuits à l’épeautre et les gourdes en acier pour l'aîné et surtout....l'écharpe de portage pour reprendre le bébé face à soi dès qu'il se montrera trop impatient en poussette...


photo: Wolfgang Hoyer, pixelio.de

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8 octobre 2011 6 08 /10 /octobre /2011 23:47

87456_R_K_B_by_S.-Hofschlaeger_pixelio.de.jpgJ’inaugure une série d’articles sur des sujets relatifs à des thèmes « interculturels » avec ce billet sur ma première visite chez le pédiatre allemand. Enfin, pas pour moi, pour mon Loulou qui nous a fait une belle otite.

 

Je m’attendais au pire avec cette première consultation parce que mes expériences passées avec la médecine allemande n’avaient pas toujours été positives. En général, quand je me déplace chez le médecin, c’est que j’ai mal et que j’ai besoin d’être soignée. Vite. Or, en Allemagne, on m’a déjà demandé de rentrer chez moi boire de la tisane, de prendre un bain aux huiles essentielles, de tremper un linge dans du bouillon de poule et de me l’enrouler autour du cou, de me faire des cataplasmes de je ne sais quelle plante et de sucer des bonbons à la sauge. Quand je dis « on », c’est en partie le corps médical. Alors que moi, ce que je voulais, c’était un traitement de cheval digne de ce nom.

 

Je m’attendais au pire…et j’ai eu le meilleur…enfin presque.

 

J’ai réussi à avoir un rendez-vous, je ne sais par quel miracle, puisque ce cabinet pédiatrique ne prend plus de nouveaux patients. Il faut dire que j’ai lourdement légèrement insisté, rapport au fait que le thermomètre avait flirté avec les 40° pendant la nuit et que Loulou gémissait de douleur.

 

Arrivés là-bas, j’ai constaté qu’il y avait deux salles d’attente, une pour les enfants contagieux et une pour les enfants non contagieux. Pas mal, ça évite de se choper un virus alors qu’on venait faire un simple certificat médical… Ensuite, sans trop attendre, une secrétaire médicale (qui d’ailleurs fait bien plus que prendre les rendez-vous, mais est à mi-chemin entre une infirmière et une assistante) nous a guidés dans une salle de préparation. Là, Loulou a été pesé et mesuré…sans le déshabiller, ce qui est quand même bien confortable pour un bébé et ce n’est pas les quelques grammes de vêtements en plus qui font la différence. En plus, comme Loulou tient debout, on ne lui a pas infligé le supplice de la toise allongé (« ça va, madame, vous lui collez bien le haut du crâne vers le haut…bon, je vais pouvoir l’écarteler lui tirer la jambe vers le bas »), mais on l’a mesuré debout. En plus, super pro, comme il toussait, l’assistante lui a aussi mesuré la saturation en oxygène.

 

Nous sommes entrés sans plus attendre dans la salle de consultation de la pédiatre, qui m’a fait asseoir avec mon bébé sur les genoux, face à moi. Tout l’examen s’est fait comme ça, Loulou était collé à moi, on ne l’a pas déshabillé (En France, quelque soit le pédiatre à qui j’ai eu affaire –et j’en ai vus !-, mes enfants étaient entièrement déshabillés pour l’examen) et on ne l’a pas forcé à rester allongé sur une table d’examen, avec seulement le droit de me tenir la main…

 

Et comme Loulou a été très courageux (bon, en vrai, il a hurlé tout le temps, même avec toutes les précautions prises…) il a eu le droit de piocher un petit cadeau dans une boite remplie de petits jouets. Il a même pu prendre deux petites voitures…donc des larmes séchées deux fois plus vite !

 

Et pour ce qui est de la prescription, j’ai eu une ordonnance pour des antibios (rarissime en Allemagne !)…mais avant de commencer les antibios, elle m’a dit de lui donner un traitement homéopathique pendant 24 heures, avec en général de bonnes chances de guérison sans avoir nécessairement recours aux antibios… et contre la douleur, de l’ibuprofène (j’ai même eu le choix dans le parfum du sirop ! Fraise ou orange Loulou ? Allez, fraise !).

 

Bref, j’ai trouvé la prise en charge très pointue, très professionnelle (on m’a demandé d’indiquer des renseignements sur un formulaire et il y avait des questions auxquelles j’étais incapable de répondre, genre le PH du cordon à la naissance ???!) et également très organisée (pesée et mesures effectuées par une assistante avant la consult’)…mais surtout très humaine, parce que nos petits bouts ne sont pas des patients comme les autres !

J’ai toujours été satisfaite de mes pédiatres en France, mais leurs pratiques sont bien éloignées de ce que j’ai vu ici en Allemagne et qui relève d’une toute autre approche de l’enfant, dont on prend bien plus en compte les besoins et les spécificités.   

 

Edit : Bon, ces quelques lignes un jour après avoir rédigé l’article. Nous avons dû passer quasiment immédiatement aux antibios parce que l’homéo n’avait pas suffi .. ;Loulou est grimpé à 40°3 hier et j’ai pas mal flippé…Du coup, j’en ai un peu voulu à la pédiatre d’avoir différé le traitement par antibios, mais sur le coup, j’étais quand même d’accord pour ne pas recourir immédiatement aux antibiotiques.

 

Allez, pour la route, et parce qu’il est question de prise de médicaments, un article hilarant de Caroline sur ce sujet !

 

Edit 2 : En France, quand on prend les antibios, c’est matin-midi-soir…ici, c’est toutes les 6 heures… Elle m’a expliqué qu’il vaut mieux donner des petites quantités que l’enfant aura moins de mal à ingurgiter, mais plus régulièrement, plutôt que de grosses quantités que l’enfant recrachera partiellement. Soit, j’entends cet argument (qui met encore une fois le bien-être de l’enfant au premier plan !), mais ça veut dire pour les parents dudit enfant qu’il faut prévoir un petit réveil à 5heures du matin de derrière les fagots. Chouette, comme au bon vieux temps des tétées nocturnes… (et je cache ma joie).

 

Edit 3: prochains billets interculturels que je prévois d'écrire: le jardin d'enfants allemand / le parc / la poussette / le vélo / le goûter... Voilà, plus qu'à trouver le temps de les écrire. Hum... à suivre !

 

Photo: S. Hofschlaeger  / pixelio.de

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Soit dit en passant

Je suis de retour... ou pas.

 

 

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C'est qui C-cilou?

 

Maman de deux Loulous (4 ans et 20 mois), prof en congé parental, mariée à Monsieur C-cilou.

Je blogue pour répondre à une irrésistible envie de de décrire le quotidien, pour lui donner plus de saveur, le rendre plus rigolo et doux, comme un ourson haribo...et éviter que ma mémoire ne se vide à la vitesse d'un paquet de bonbons ! Je blogue pour prendre du temps pour moi, pour me poser, réfléchir, comprendre, partager.

Depuis Septembre 2011, nous vivons à Berlin (oui, oui, en Allemagne).

Me contacter

C_cilou_loulous@yahoo.fr

je suis une maman bambinou

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Photos (de gauche à droite) © Tom Kleiner © Utaaah © Klaus Gerhardt

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