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15 mars 2012 4 15 /03 /mars /2012 12:27

 

memory-3-104526_L.jpgOn a des joies simples quand on est maman. A fortiori en congé parental. On se fixe des petits défis, des challenges. Bref, on s'éclate.

Il fut un temps où je me faisais systématiquement battre par ma fille au Memory.

Mais ce temps est bel et bien révolu. Maintenant, je la bats à plate couture. Quoi, comment ça, je n'ai pas honte de ne pas la laisser gagner et de profiter de ma supériorité d'adulte? Ben non, je n'ai pas honte, au contraire, j'en suis FIERE parce que ma fille, au Memory, c'est une championne.



Revenons quelques semaines en arrière. Bien contente de ne plus devoir jouer à Blanche-Neige (et de faire à la fois la belle-mère, les 7 nains -oui, oui, les 7, d'un coup -, le chasseur, et le prince), j'étais ravie que ma fille accepte ma proposition de jouer au Memory. "Voilà: ils vécurent heureux et eurent de nombreux enfants. Fini...on joue au memory maintenant, Louloute?"

Et du coup, je me reposais un peu pendant le jeu, je n'étais pas vraiment attentive, pas très concentrée, je pensais à ma liste de course, au repas du soir, à la machine de linge qui finissait dans 15 minutes. Et parfois, souvent, tout le temps, je perdais. Et pas de peu... Il m'est même arrivé de n'avoir trouvé qu'une paire ! Bon, c'est vrai, je le reconnais, j'ai une mémoire de poisson rouge. Et quand elle était petite, je la laissais aussi un peu gagner. Alors la situation s'est installée.

Ajoutons à cela le fait que ma Louloute, soit, comme tous les enfants de son âge, particulièrement douée en matière de jeux de mémoire. Elle m'épate: elle retourne une carte et elle sait systématiquement, plusieurs minutes après, où elle se trouve dans l'étendue de cartes restantes.



J'ai alors lu un article (dans l'excellent magazine allemand NIDO ) qu'il n'était pas rare que les enfants soient plus fort que leurs parents à ce jeu. Cela s'explique notamment par le fait qu'ils ont cette capacité (que n'ont pas plus les adultes) de concentrer exclusivement leur attention sur une tâche, sur un objet. Quand ma fille joue au memory, elle est à fond dedans. (En ce sens, elle est un peu monotâche aussi, je me sens moins seule tout d'un coup!). D'autre part (attention, là ça devient scientifique, je ne réponds plus de rien), plus l'enfant est petit, plus le nombre de connexion entre les synapses est grand. En gros, plus il se remue les méninges et plus ça cogite. Ensuite, en grandissant, ils perdent cette capacité, non pas parce qu'ils deviennent plus bêtes, mais au contraire, parce qu'ils deviennent intelligents et que leur cerveau apprend à connecter non pas toutes les synapses (oh lala, je marche en terrain miné, corrigez moi svp si je raconte des inepties scientifiques) mais à utiliser efficacement seulement certaines connexions, en se servant uniquement des autoroutes et plus de tous les petits chemins de traverse.



Donc voilà, je suis (enfin j'étais !) moins forte qu'elle au memory parce que mes neurones prennent l'autoroute.  Voilà, c'est pas de ma faute.



Cela dit, on peut s'entraîner... Et c'est ce que j'ai fait (musique de Rocky, ON)



J'ai déjà essayé d'être 100% concentrée, complètement "aware". Cela m'a aidé à grappiller quelques paires, mais pas encore à gagner.

Ensuite, sur les conseils de l'article du NIDO (qui interrogeait le champion d'Allemagne de Memory) (himself. Ma nouvelle idole), je retourne d'abord les deux rangées de cartes devant moi. Je ne vais plus piocher au hasard dans la masse. C'est plus facile, ensuite, de se souvenir que le double était là quand un joueur retourne une carte connue dans le reste du jeu.

Puis, j'essaie de prononcer le nom des objets dans ma tête. Histoire de faire marcher un peu ma mémoire auditive, ça ne fait pas de mal.

Enfin, il faudrait théoriquement faire des rangées de cartes (mais ma fille s'y refuse, elle préfère la difficulté et tout mettre en vrac au milieu). Puis se représenter mentalement 4 grand carrés. Du coup, cela permet d'avoir bien plus de "bords" que si on visualise seulement un grand carré, vous me suivez ? Même si une carte semble être "au milieu", on peut toujours se dire intérieurement: elle était en bas du carré situé en haut à droite.



Et puis je lutte contre la triche...de ma fille...Je n'y prêtais pas attention, mais en mélangeant les cartes, hop, elle s'en retournait une ou deux par avance pour se les rappeler....héhé, on ne me la fait plus à moi, celle là, je suis une killeuse !



Et maintenant, donc, je gagne. Ma fille n'en prend pas ombrage, au contraire, elle en redemande, car elle veut aussi (re-) sortir victorieuse du jeu. Donc finalement, elle laisse tomber Blanche-Neige et ne veut plus que jouer au Memory avec sa mère.

Non, ça, c'est dans mes rêves.

Parce que là, elle m'attend, en costume de Blanche-Neige... (musique de Rocky, OFF)


Photo: source

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2 mars 2012 5 02 /03 /mars /2012 08:59

 

483885_web_R_K_B_by_Gerd-Altmann_pixelio.de.jpgOn entend souvent que les femmes ont cette capacité à mener de front plusieurs tâches. Préparer le repas, tout en portant le petit dernier, le téléphone coincé contre l'épaule.

 

Notre destin à nous toutes, femmes actives ou au foyer? La seule façon de s'en sortir, tellement la To Do Liste est longue?



Je me suis longtemps fait le reproche de n'être pas assez bien organisée, parce que justement, je n'arrive pas à faire plusieurs choses à la fois. Si j'essaie, parce que je suis particulièrement pressée, alors je cours à la catastrophe car je ne suis pas assez concentrée et je suis encore plus étourdie que d'ordinaire. En plus, je me considère comme assez lente et mon mari, qui est un modèle d'efficacité et de rapidité, me met, sans le vouloir, une pression dingue.



Non, moi j'ai besoin de temps, de concentration. J'ai besoin de faire les choses de manière approfondie et exhaustive, je ne sais pas zapper parce que cela me rend profondément insatisfaite.

Bon, c'est assez extrême chez moi...

Je DETESTE interrompre une activité pour en commencer une nouvelle, d'une autre nature, et revenir ensuite à la première, avoir à me reconcentrer à nouveau dessus, etc. Combien de fois dis-je à mes enfants « attends, je finis ça et j'arrive ».

Le plus symptomatique, chez moi, c'est l'exemple de la vaisselle. Je n'ai pas de lave-vaisselle (aaaargghhhh!). Bon, alors je procède méthodiquement. Déjà, je ne fais jamais de "petite vaisselle" entre deux. J'estime que c'est une perte de temps. Faire couler l'eau, essuyer la petite vaisselle (car il faudra faire de la place pour ce qui suit...), ça ne me fera pas avancer plus vite, au contraire. Non, j'attends que tout ce qui aura pu être sali lors de cette session "cuisine", le soit et je m'y attaque seulement là. Ensuite, je fais quelque chose d'assez spécial: je frotte déjà le tout à l'éponge et au liquide vaisselle, avant de rincer. C'est à dire que je ne rince pas à chaque assiette. Là aussi, j'ai l'impression que c'est un gain de temps: pas besoin d'actionner le robinet à chaque fois et de vider l'excédent d'eau sans arrêt. Oui, je sais, c'est space.



Pareil pour le linge: je cumule mes lessives sur un seul jour de la semaine plutôt que de fractionner en petites lessives, parce que sinon, j'aurais l'impression d'avoir l'esprit quotidiennement accaparé par les lessives, même pour seulement 10 minutes consacrées à ça tous les jours. Pareil pour les papiers, je regroupe ça en "blocs", incapable de faire "un peu de paperasse" en plus de tout le reste, incapable de me disperser.



Je me suis crue extrêmement bizarre jusqu'à ce que je lise cet article, intitulé "Être multitâches ou efficace?". Parce que oui, ce n'est pas parce qu'on est multitâches qu'on est efficace...c'est même le contraire ! Être multitâches est source de stress et d'erreur, être multitâches, c'est seulement se donner l'illusion de maîtriser les choses, mais c'est en fait être esclave du "tout, tout de suite"...et en même temps, surtout. Être multitâches, c'est se perdre dans les détails et au final, ne pas gagner de temps, mais en perdre.



Je suis donc NORMALE. Je ne manque pas de souplesse, de capacités d'adaptation, je ne suis pas psychorigide, non c'est juste que je suis EFFICACE, moi ! Youhou, ça fait du bien à lire et à écrire, ça !



Et vous: monotâche ou multitâches?

 

Foto: © Gerd Altmann pixelio.de

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24 février 2012 5 24 /02 /février /2012 08:09

J'ai découvert un super site pour fabriquer des montages photos et je me suis lancée avec un sujet qui me tenait à coeur. Je vous laisse le soin d'apprécier...

 

Conge-parental.jpg

 

Merci à Ségolène, de MamaNana, pour la découverte du site !

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19 février 2012 7 19 /02 /février /2012 19:46

 vertrauen.JPGJ'ai été hyper fusionnelle avec mon fils.

Nous avons passé beaucoup de temps, lui et moi, collés l'un à l'autre. Nous avons fait beaucoup de peau à peau et de câlins dès sa naissance. Je l'ai allaité assez longtemps (tout est relatif, mais du point de vue français, 7 mois et demi est une durée d'allaitement assez longue) et si son papa n'avait pas souhaité que l'allaitement s'arrête pour qu'il trouve, à juste titre, un peu plus facilement sa place dans la triade, je l'allaiterais encore à l'heure qu'il est. Je l'ai gardé à la maison et je n'ai pas repris le travail deux mois et demi après sa naissance, comme je l'avais fait pour sa sœur. Je l'ai élevé avec beaucoup de douceur, d'empathie, cherchant à anticiper ses demandes et à éviter ses pleurs. Je me suis relevée jusqu'à dix fois par nuit pour le bercer, le réconforter. Je l'ai porté, en écharpe, en porte-bébé, sur le ventre, la hanche, le dos. Il ne supportait pas de me voir faire quelque chose d'autre? Qu'à cela ne tienne, je l'installais dans le porte-bébé et je vaquais à mes occupations, mon bébé lové contre moi. Je m'interdisais de faire certaines choses indispensables alors qu'il était réveillé. Je réservais tous les coups de fil, la paperasserie, les contraintes diverses à régler pour les moments de sieste. J'ai un bébé extrêmement câlin, très demandeur de caresses, très tactile. Je m'en suis accommodée pendant les premiers mois et j'ai sans doute encouragé davantage la fusion en cherchant à compenser mon indisponibilité, temporairement liée à la préparation de mon agrégation.



Et puis cela a fini par me peser. Quasiment au sens propre du terme...Le poids de ce bébé devenu grand, qui demandait à être porté sans arrêt, le poids de ses demandes d'attention, le poids de la culpabilité d'être une mère qui aurait dû faire mieux et plus pour combler les désirs de son enfant, jamais satisfait, toujours en demande d'affection, jamais rassasié d'amour. Tous ces poids, trop lourds à porter pour mes épaules.



Je ne pouvais pas quitter la pièce sans qu'il hurle.

Je ne pouvais pas le faire garder par une baby-sitter, par ses grands-parents, à la halte-garderie.

Je ne pouvais pas aller aux toilettes seule.

Je ne pouvais pas finir un repas sans le prendre sur mes genoux.

Je ne pouvais pas faire la cuisine, le ménage, la vaisselle, sans l'avoir calé sur ma hanche.

Je ne pouvais pas être assise en voiture, côté passager, sans lui tenir la main, voire me retourner pour qu'il me voie.

Il refusait d'être pris dans les bras par d'autres personnes, pourtant de confiance. En dépit de mes paroles rassurantes et de mes explications, il ne daignait pas accorder la moindre attention à ses grands-parents, il restait collé à moi, son pouce vissé dans la bouche.



Et surtout: j'étais devenue son doudou. Il n'avait jamais accepté qu'on lui en donne un (ni choisi un lui même), préférant poser sa main dans mon cou, pressant parfois tellement fort que ç'en était douloureux.



Et puis j'en ai eu assez, assez d'avoir à être sans arrêt à disposition de mon fils, assez d'avoir à répondre en priorité à ses demandes et pas à celles de sa sœur, de son père. Fatiguée d'être la seule personne de référence pour mon enfant, lasse. Je me suis sentie vidée de mon énergie, j'ai eu soudain envie d'air, envie de vacances. Mais quand on est maman, on ne prend pas de vacances de son enfant. Cette dépendance m'a pesé, m'a épuisée physiquement et mentalement. J'étais vidée de l'énergie que je livrais intégralement à mon fils.



Alors j'ai décidé de réagir et j'ai profité d'un retour en France pour consulter mon médecin généraliste. Mon "médecin de famille". Celui qui soigne le corps, mais aussi l'âme. Celui qui m'avait conseillé, il y a un an, alors que j'étais tiraillée entre la préparation de l'agrèg, mes deux enfants si petits et ma vie personnelle, de "faire quelque chose pour moi". Celui qui est à l'origine de mon blog, donc, en quelque sorte. Je savais qu'il pourrait m'aider et surtout, je voulais savoir une chose:



Est-ce que c'est une évolution normale et qu'à 18 mois à peine, un enfant est encore très dépendant de sa mère, que l'autonomisation va finir par bientôt arriver...

ou

Est-ce que nous nous sommes engagés dans une voie dont il sera difficile de sortir sans faire quelque chose dès maintenant?



Et là, mon médecin a été catégorique: arrêtez cela tout de suite. Votre enfant n'a plus autant besoin de vous. Un enfant a besoin d'une 1/2 heure par jour d'attention inconditionnelle, de jeu, de communication avec son parent. Une demie-heure où vous n'êtes qu'à lui, où vous ne pensez pas au repas à préparer aux factures à payer. Une demi-heure de qualité, de complicité. Cette demi-heure doit être là tous les jours, quoiqu'il arrive, et vient en plus des temps de repas, de change, de soins, de bain etc. Vous pouvez tout à fait lui accorder plus, mais cette demi-heure est le minimum vital. En revanche, s'il y a des jours où vous ne pouvez pas lui accorder plus d'une demi-heure parce que vous avez des choses à faire, des impératifs ou que vous avez besoin de temps pour vous, eh bien ce n'est pas grave. Il n'a pas besoin de plus. Vous ne devez pas culpabiliser parce que vous ne lui accordez pas plus de temps ou parce que vous n'êtes pas plus disponible. Il est malin, votre fils, il attire votre attention en vous demandant des câlins en permanence. Souvent, les enfants ont recours aux cris, font des bêtises, arrêtent de manger, quand ils veulent l'attention de leurs parents. Le votre est intelligent, il sait qu'un câlin, ça ne se refuse pas. Alors maintenant, quand il voudra être porté ou dorloté quand vous avez besoin de faire autre chose, par exemple de finir votre repas, vous ne le porterez plus et si vous le lui dites, surtout, vous vous y tenez. Sinon votre parole n'aura plus de valeur. Et vous n'êtes pas son doudou, vous n'êtes pas sa chose, vous êtes sa mère, et c’est encore plus important pour lui qu'un doudou. Et pour finir, il a regardé mon fils et lui a dit, en le regardant droit dans les yeux: "maman va changer des choses à la maison, tu sais."



Je me suis dit que ça allait être difficile de lui faire comprendre un tel changement. Que ça allait prendre du temps (le médecin avait dit : 3 mois environ), que cela allait être dur de repousser ses élans d'affection.



Et puis finalement, il nous a fallu...un jour. Une seule petite journée. Et finalement, la seule conversatin avec le médecin, en présence de mon Loulou, aura suffi.

Le changement a été radical. Dès le lendemain, il acceptait de prendre un doudou avec lequel il dort. Maintenant, dès qu'il met sa main dans mon cou, je lui dis gentiment mais fermement  "Je ne suis pas ton doudou", en lui embrassant sa petite main.

Deux jours plus tard, il voyait mes parents et leur courait dans les bras. Tout le monde a remarqué le changement et s'en est étonné...!

Une semaine plus tard, je l'emmenais dans un groupe d'activités pour les bébés, auquel on allait régulièrement mais où il passait son temps assis sur mes genoux, comme fatigué, apathique. Là, il est allé spontanément chercher des jouets avec lesquels il n'avait jamais joué. Il s'est approché des autres enfants et a joué avec eux. Ici aussi, les mamans présentes, qui n'étaient pas au courant de l'opération "déscotchage" se sont demandé ce qui se passait tellement l'évolution était flagrante.

Un mois plus tard, je faisais venir la baby-sitter pour une soirée en amoureux. D'habitude, on la faisait venir après le coucher, j'appréhendais un peu de partir plus tôt cette fois. Mais il n'y a eu aucun problème, aucune larme. Une petite main qui a fait au revoir...et c'est tout.

Je peux vaquer pendant une heure à mes occupations, répondre à mes mails en retard, faire du ménage sans avoir à supporter ses lamentations. Il joue tranquillement pendant une heure, dans son coin et n'a pas besoin de moi, du moment que je lui accorde effectivement SON temps à lui et rien qu'à lui et qu'il sait que tous les jours je jouerai avec lui à un moment de la journée, si possible en gros au même moment, dans la matinée, pour qu'il aie ses repères. Il sait aussi que c'est quand même mieux d'avoir une maman disponible et pas une maman énervée qui essaie tant bien que mal de s'acquitter de ses tâches ménagères, un bébé greffé sur la hanche.



Il prend sa place dans la famille. Il y a quelques semaines encore, quand on lui demandait "comment tu t'appelles?" il répondait "maman!" (sa sœur, elle, au même âge répondait "chaussure!" pour la même question!). Maintenant, il dit son prénom. Peut-être que ça correspond à son évolution, à son degré de maturité. certes, mais c'est symptomatique. Il aime plus que jamais passer du temps avec son papa, être couché par lui, savoir que c'est lui qui lui donne son bain. La journée, il demand où est papa et il se réjouit vraiment de le voir rentrer. Il aime aussi nommer les membres de la famille, les montrer du doigt et surtout se montrer lui-même du doigt, quand il sait que quelque chose lui appartient, à lui. Et surtout, il a l'air bien. Il est heureux mon Loulou, il ne souffre pas de la "séparation".



Je suis sûre qu'il n'était que peu responsable, finalement, de cette hyper-fusion. Je parlais de SES besoins, de SON caractère très possessif, exigeant. Mais en fait, c'était sans doute MOI qui produisait cet attachement excessif. Et il avait peut-être que je lui donne la permission d'aller vers les autres, l'autorisation de se détacher de moi, le feu vert pour l'autonomie. Il était prêt à se lancer, mais c'était moi, qui inconsciemment, le retenait de partir en m'agrippant à sa petite main.



Il est parti, il a pris son envol et nous en sommes très heureux, tout les deux.




Photo: Lucie Kärcher  / pixelio.de





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9 février 2012 4 09 /02 /février /2012 08:36

443140_web_R_K_B_by_Dr.-Leonora-Schwarz_pixelio.de.jpgJ'ai eu l'occasion de tester plusieurs fois, et avec succès, l'homéopathie. La première fois, c'était lors d'un précédent séjour en Allemagne. J'avais, depuis deux ans, un très grand nombre de verrues plantaires que rien n'avait pu faire partir.  Le dermato avait essayé le vernis à poser dessus, puis l'azote, puis le laser et avait fini par baisser les bras en me disant que ça finirait par partir. Oui, sans doute, mais en attendant, certaines me faisaient vraiment mal tellement elles étaient profondément ancrées dans la peau.

J'ai donc cherché, au hasard dans l'annuaire et sans rien y connaître à ce type de médecine, un homéopathe.

 

Après m'avoir interrogée pendant une heure sur mes habitudes, ma personnalité, ma santé, les autres maux dont je souffrais etc., l'homéopathe m'a precrit un médicament homéopathique, silicea, destiné non pas à soigner les verrues plantaires, mais adapté à mon profil homéopathique. Du sur-mesure, quoi. Et contrairement à l'homéopathie pratiquée en France, celle pratiquée en Allemagne est uniciste. On donne une seule granule du médicament, en une seule prise et basta. Alors qu'en France, on doit en prendre à des moments bien précis, en plus grand nombre et plusieurs fois par jour, en combinant souvent les remèdes.

Bon, et évidemment (sinon je ne vous raconterais pas tout ça), ça a marché. Assez miraculeusement, même et j'jai dit adieu à mes bonnes vieilles copines les verrues, mes compagnes depuis deux ans...!

 

De retour à Berlin en septembre de cette année et couverte de molluscums sur le visage (des petites pustules blanches, genre un bon vieux bouton d'acné prêt à percer. Sauf que contrairement à un bouton d'acné, ça ne part pas au bout de quelques jours). Normalement, ça ne touche que les enfants, mais ne cherchez pas...c'est sans doute l'épuisement qui a fait baisser mes défenses immunitaires, d'autant plus que les molluscums sont apparus à la fin de ma grossesse.Donc j'ai rappelé ma chère homéopathe, qui m'a redonné le même traitement...et re-miracle, en 15 jours seulement, mes molluscums ont disparu alors que je me les tapais depuis 1 an.

 

Bon, mais si vous êtes un peu sceptique, un peu "anti médecines douces", pro "evidence based medicine", vous allez avancer trois arguments

- Les verrues et les molluscums sont partis non pas grâqce à l'homéo, mais parce que ce sont des maladies temporaires et que justement, le temps était venu pour eux de disparaître. Coïncidence, donc.

- Les verrues et les molluscums sont partis parce que  tu as parlé, pendant l'anamnèse, pendant une heure à l'homéopathe de ta vie, de tes soucis etc. Le fait de parler de ses problèmes fait que certains bloquages psychologiques sont levés et que certaines manifestations psychosomatiques disparaissent alors automatiquement.

- Et enfin, l'effet placebo.

 

Bon, et j'en viens à mon loulou, parce que vous allez me dire que mon titre n'était pas "comment j'ai soigné mes verrues avec l'homéo", mais "Chez l'homéopathe avec bébé".

Voilà, voilà, nous y sommes, mais le contenu ci-dessus était nécéssaire pour expliquer mon positionnement et réfuter les arguments ci-dessus.

 

Mon Loulou est couvert de molluscums. Il en a facilement une cinquantaine, sur tout le corps, depuis un an. Ma Louloute en avait eu aussi, mais à l'époque, nous étions en France, donc pas d'homéopathe uniciste. On a essayé de les enlever avec la curette, de les brûler à l'azote et finalement, ils sont partis tout seuls. Mais là, son frère est vraiment très touché, et quand ils sont en fin de vie, ses molluscums d'infectent et deviennent purulents, ce qui n'est pas très ragoûtant et peut-être douloureux pour lui.

 

Je l'ai donc emmené chez ma chère homéopthe allemande. Re-belotte, pendant une heure, je lui ai raconté la vie de mon fils. Elle a complété mon récit par des questions très précises: dans quelle position dort-il? Est-ce qu'il transpire quand il boit? Comment exprime-t-il sa colère? Comment s'est passée sa naissance?

Verdict: silicea (le même que moi ! Tiens, tiens...? Elle a trouvé que le côté sensible de mon fils, son goût pour la précision et d'autres points coïncidaient avec mon propre profil...)

 

On verra bien si ça marche, cela fait seulement une semaine qu'il a pris sa granule...

En tous cas, si ça marche, on ne pourra pas me sortir le coup de l'effet placebo, de la manifestation psycho-somatique ou de la coïncidence parce que ça ferait trois drôles de coïncidences en considérant son traitement et les deux précédents miens.

Et vous savez quoi? Ses molluscums les plus petits, les plus neufs, sont déjà en train de virer au rouge et de s'inflammer, alors que habituellement c'est leur évolution normale ou bout de plusieurs mois seulement et que normalement, ils quintuplent leur volume avant de s'inflammer...

 

Suspens...Mais je suis curieuse de voir comment l'expérience va évoluer !

 

Photo: Dr. Leonora Scharz, piwelio.de

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30 janvier 2012 1 30 /01 /janvier /2012 09:39

 

 

perseverance.JPG...et la question est ouverte. Le présent billet n'ayant pas la prétention de fournir une réponse toute faite à cette vaste question qui me turlupine...Au contraire, j'espère que vous m’aiderez à trouver des solutions ou à relativiser...

 

Ma fille est une petite feignante. Oui je sais, ce n'est pas bien de coller des étiquettes aux enfants.

Mais quand même, on ne peut pas dire qu'elle soit particulièrement persévérante et qu'elle ait un goût inné de l'effort. Vous allez me dire « Oui, mais elle est petite... » et je vais vous répondre « Oui, mais quand même ! »

 

Ma fille geint, se plaint, ronchonne, traîne des pieds, se lamente « C'est trop long, je suis fatiguée »...Ma fille déteste marcher, veut, à 4 ans, être portée quand il s'agit de faire plus de 100 mètres.

Ma fille ne veut pas prendre son bain, parce que quand même retirer ses vêtements et patouiller dans l'eau avec son frère, c'est fatiguant.

Ma fille est partisane du moindre effort et casanière avérée...quelle idée de sortir alors qu'on pourrait être pénard sur le canap', sous la couverture, en train de regarder des DVD. Même quand il fait très beau dehors et que c'est l'été..

Ma fille avait une réelle passion pour la danse, passion qui s'est éteinte lundi dernier, avec pour motif « Je ne veux plus y aller, ça me fait mal aux jambes et c'est trop long la danse »

Ma fille adore colorier, surtout des princesses, mais alors qu'elle s'applique et ne dépasse pas quand elle colorie les visages et les hauts, quand il s'agit de colorier les loooongues robes, elle fait des gribouillis pour expédier rapidement la chose. Parce que quand même, c'est épuisant de colorier des robes.

Ma fille aime faire des cahiers d'activité pour les enfants de classes de maternelle, avec son papa, le samedi et le dimanche (il faut dire que ce n'est pas ici au jardin d'enfants allemand qu'elle risque de se fouler le poignet à force de faire des exercices de graphisme, enfin passons...), mais quand il s'agit de tracer des lignes verticales de plus de 2 cm, il n'y a plus personne... « non j'arrête, j'en ai déjà fait assez »

 

Et pourtant, ce n'est pas faute de l'encourager, de la féliciter quand elle arrive à bien faire quelque chose, de lui expliquer que c'est en passant par des étapes difficiles ou peu agréables qu'on finit par progresser, de ne pas céder quand elle demande à être portée ou qu'elle veut rester à la maison...

 

Pourtant, elle a eu une phase où elle était plus « battante », j'en avais parlé dans ce billet.

 

Alors je me demande...

  • si c'est courant à cet âge ?

  • si c'est une disposition naturelle, un trait de personnalité ?

  • si ça peut changer ?

  • si les choses que nous lui proposons ne lui conviennent pas, sont trop ambitieuses ?

  • si ce n'est pas une façon détournée, pour elle, d’attirer notre attention, de vouloir être chouchoutée, plainte, maternée ?

 

Comment donner à une enfant de 4 ans le goût de l'effort ? L'acquiert-il lui-même ou a-t-il besoin de ses parents pour ce faire?

 

...et ça m'intéresserait de connaître vos expériences et vos opinions là-dessus...

 

Photo: Thommy Weiss  / pixelio.de

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27 janvier 2012 5 27 /01 /janvier /2012 21:18

 

Nouvelle-image-copie-1.JPGJ'avais déjà écrit un billet à ce sujet là , mais j'ai eu l'occasion de me repencher sur la question suite au concours lancé par la fameuse Mère Bordel...

 

Du coup ça m'a donné envie de partager ma contribution avec vous...

 

 

 

 

Avant d'avoir des enfants, j'avais un joli sac à main Longchamps et pas un sac à dos de campeuse rempli de clémentines esquintées, de Pampers froissées, de marrons ratatinés [tiens maman, un marron, garde-le, c'est cadeau, x10], de gourdes de pom'potes qu'on croyait vides mais qui, sans leur bouchon, ont fini par suinter, de gants orphelins, de dessins-cadeaux [tiens maman, c'est pour toi, tu l'accrocheras dans ta chambre, hein?] transformés en origamis à force d'être ballottés, de petites culottes de rechange [à moins que ce ne soient celles déjà accidentellement souillées?], le tout trempé par le bib' d'eau dont le capuchon se fait toujours la malle, sans doute pour que les miettes de biscuit qui parsèment le fond dudit sac puissent rester constamment humectées...mais ça, c'était avant...

 

Ajoutez à cela le portefeuille que je vous montrais l'autre jour (et que, soit-dit-en-passant j'ai enfin vidé aujourd'hui, parce que vous l'aurez noté, on est vendredi et que je suis au taquet pour tenir mes bonnes résolutions) (qu'est-ce qu'on f'rait pas pour deux chamallows!) et vous saurez ce que je me dois de trimballer quoidiennement pour être une bonne mère... hum.

 

Et vous, il y a quoi dans votre besace sac à main de maman (ou sac à dos, si vous êtes comme moi expatriée en Allemagne -ou Allemande - et qu'il faut, en plus de tout ce qui est sus-nommé, se trimballer tout le matos pour le bac à sable) ?

 


Photo: Rike  / pixelio.de

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23 janvier 2012 1 23 /01 /janvier /2012 14:26

Nouvelle-image.JPGVoilà, vous n'y couperez pas, vous aurez droit quand même à mes bonnes résolutions 2012. Il est tard, certes. Vous vous en fichez peut-être, certes. Mais pour moi c'est important de le faire solennellement, je vous raconterai en fin d'article pourquoi (et accessoirement porquoi ce titre et cette illustration!).


Donc voilà, j'ai eu trois semaines en janvier pour réfléchir à ce qu'il fallait que je change cette année pour avoir une vie parfaite pour que ça roule à peu près au quotidien. Et ça donne ça:


Me réveiller tous les matins une demie heure avant mes Loulous. Quitte à mettre le réveil. Parce que depuis que je suis en congé parental et que je n'ai plus à emmener ma fille à heure fixe à l'école (le jardin d'enfants fonctionnant comme une crèche sur ce plan là), ce sont mes enfants qui me réveillent et je dois dire que j'ai la chance d'avoir de bons dormeurs (ils se réveillent vers 8h). Mais là où ça coince, c'est qu'il faut que je me débrouille pour caser "douche maman" et "maquillage maman" "coiffure maman" "gym maman" "habillage maman" entre le petit-déj et l'habillage des Loulous. Et ça me stressait. Donc, comme avec les enfants "il faut toujours avoir un coup d'avance" (dixit mon mari!), je trouve ça beaucoup plus reposant de savoir que je n'ai plus qu'à m'occuper d'eux quand ils émergent le matin...ça me laisse le temps de voir venir et j'ai moins le sentiment "d'être à la bourre".



Retrouver une boîte mail digne de ce nom et non plus un dépotoir à newsletters. Pour ce faire, de façon rigoureuse et sans tolérer d'exception, je me désabonne à chaque newsletter que je reçois, sur-le-champ. Je fais ça depuis le 1er janvier et je vois déjà la différence. Cela ne prend qu'un clic de plus que celui qui consiste à seulement les effacer et ça me donne moins l'impression d'étouffer...et me permet de mieux suivre mes réponses à mes "vrais" mails.



Faire un cours de secourisme spécial enfants. Parce que ça fait quelques années que je me dis "fais-le, il sera trop tard quand ton enfant aura avalé un légo et que tu seras là, comme une idiote, à te demander comment c'était déjà la manœuvre de Heimlich que t'avais vaguement vue dans un prospectus". J'en ai repéré un ici à Berlin, qui a lieu plusieurs fois par an, sur un week-end. En espérant que mes Loulous ne s'étouffent pas avec une cacahuète entre le moment où j'écris ces lignes et le moment où je ferai ce cours (théoriquement, j'ai un an pour le faire, mais là, faudrait que ça soit réglé rapidement!).



Trier mes tickets de caisse. Attendez, je vous mets une photo de mon portefeuille, vous comprendrez pourquoi j'écris ça (et accessoirement pourquoi on appelle cet objet un "portefeuille(s)"


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Voilà. Je disais donc "trier mes tickets de caisse". En fait, Monsieur C-cilou et moi nous notons nos dépenses dans un livre de comptes. Lui, fait ça bien sûr très minutieusement, tous les soirs pour n'oublier aucune dépense et moi je fais ça...une fois par mois, en gros. Alors je me suis fixé comme bonne résolution de faire le tri une fois par semaine. Disons: tous les vendredis. Voilà, maintenant je ne peux plus reculer ! (J'en connais un qui sera sceptique à la lecture de ces lignes...)



Lire en allemand: je trouve que je ne profite pas assez de mon immersion ici pour améliorer mon allemand. En fait, en passant la journée à la maison avec mes Loulous francophones, les occasions de parler allemand ne sont pas hyper nombreuses. Donc il faudrait que je me rattrape en lisant la presse, des romans etc. Si mes lectrices germanophones/philes peuvent me recommander de bons livres en allemand, je suis preneuse.



Profiter de Berlin. Nous sommes déjà (fin!) janvier et nous partons en août ! Le temps passe si vite, le bougre ! J'ai l'impression de ne pas avoir encore pu explorer la ville comme je le souhaiterais, profiter de ces multiples offres culturelles ou d'activités avec les enfants. Je ne suis allée qu'une fois au ballet et qu'une fois au ciné en 5 mois. La honte. Il est temps d'y remédier (et si possible en amoureux...) !

 

 

 

 

Alors donc je vous disais que c'était important pour moi, ces bonnes résolutions et plus encore le fait de les rendre publiques pour que ce soit plus "contraignant". J'aime l'idée d'être fidèle à moi même et aux décisions que j'ai cru, à un moment donné, être bonnes pour moi. Et surtout je suis quelqu'un d'assez discipliné et déterminé alors je sais que pour peu que j'aie formulé un objectif, je vais tout mettre en œuvre pour l'atteindre, pour que ces résolutions ne soient pas de vaines promesses, des mots en l'air. Ce sont des promesses à moi même, alors je me dois de les mettre en œuvre et de ne pas me décevoir moi-même.



Et j'ai lu justement un article la semaine dernière (en allemand, vous voyez, je commence) sur la volonté personnelle (die Willenskraft) et sur le fait que justement, la plupart des gens en manquent et n'arrivent jamais à mettre en œuvre leurs bonnes résolutions et que la volonté est en fait comme un muscle qui doit être entraîné.

Je pense que je suis justement quelqu'un de très volontaire et cela m'a fait sourire quand l'article a parlé d'un test psychologique pratiqué par des chercheurs sur des enfants de 4 ans et connu sous le nom de « test du chamallow » et qui consiste à donner à un enfant un chamallow, tout en lui disant qu'on allait faire un tour et qu'au retour, s'il n'avait pas touché à son chamallow, il en aurait deux. Donc l'enfant avait le choix entre avoir un seul chamallow mais tout de suite ou deux, mais plus tard. Eh bien la plupart ont préféré le manger tout de suite. Et les enfants qui ont résisté à la tentation pour en avoir deux sont les mêmes qui des années plus tard, à l'âge adulte, arrivent le mieux à gérer la tentation.

Je suis certaine que j'aurais fait partie de l'autre groupe. De ceux qui préfèrent attendre, pour en avoir plus. Quitte à ce que ce soit dur. Quitte à devoir résister à la tentation. Mais punaise, quand même deux chamallows... !

Voilà pourquoi je pense que sur toutes ces résolutions il y en aurait une bonne partie que j'arriverai à tenir. Mais pour une meilleure qualité de vie, un meilleur équilibre...le jeu en vaut la chandelle.

 

 

 

Photo Brigitte Heinen  / pixelio.de



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16 janvier 2012 1 16 /01 /janvier /2012 09:34

527452 web R K B by Thomas Siepmann pixelio.de

Vous avez déjà remarqué que les enfants sont, à certains égards, plus royalistes que le roi ? Je m'explique : nous passons nos journées à (bien) élever nos enfants : « Qu'est-ce qu'on dit ? Merci... », « Dis bonjour à la dame ! », « Allez les enfants, on dit au revoir et on y va », « Ne mets pas ton coude sur la table ». Bref, vous voyez de quoi je parle puisque vous faites pareil chez vous aussi.

 

Mais là où ça devient drôle, c'est quand ça tourne au jeu de l'arroseur arrosé, de « tel est pris qui croyait prendre... »

 

Par exemple, il arrive fréquemment que Louloute interrompe nos conversations d'adultes à table d'un « On ne parle pas la bouche pleine » qui ne tolère aucune tentative de justification...

Ou bien, quand elle nous raconte quelque chose et qu'on ose demander au même moment à notre voisin de table de nous passer le pain, elle s'écrie « Je n'aime pas être interrompue quand je parle ! C'est pas bien de couper la parole aux gens ! »

Ou encore, quand elle nous surprend en train de bâiller alors qu'on se croyait seul : « On met sa main devant la bouche quand on bâille ! »

 

Bon parfois, elle est particulièrement jusque-boutiste, par exemple la fois où je lui propose de l'aider à mettre ses chaussures et où elle me tend sa chaussure, que je prends tout en m'entendant reprocher : « Tu pourrais quand même dire merci ! » (attends...c'est à toi de me dire merci une fois qu'elles seront mises...c’est bien plus compliqué de mettre ses chaussures accroupie à une petite fille qui a la bougeotte que de tendre sa chaussure à 2cm de soi!)

Ou encore, quand on cherche une place de parking et qu'elle nous met en garde « Vous n'allez pas vous garer sur une place handicapé, hein ! » (Pour elle, toute place libre est une « place handicapé », alors ça donne lieu à des justifications sans fin en voiture pour lui dire que « non, cette place là elle n'est pas réservée aux personnes handicapées » pour aboutir à des questions comme on les aime, du genre « et pourquoi cette place là c’est PAS une place handicapé » ?

 

Une vraie mère la morale, ascendant prof.

 

Mais je constate souvent que nous voir respecter les règles et normes que nous lui inculquons la rassure profondément, et qu'à l'inverse, savoir que nous nous nous aventurons parfois à les transgresser, alors que nous les avons justement érigées comme justes et bonnes lui donne un véritable sentiment d'insécurité. Du genre : est-ce que ces règles valent toujours pour moi alors qu'elle ne valent plus pour eux ? Et si elle ne valent plus pour eux, qu'est-ce qu'elles valent, au juste ? C'est flagrant par exemple lors que nous marchons trop près du bord du quai dans le métro, ou bien quand nous quittons un tout petit peu le trottoir parce qu'il y a un obstacle dessus et qu'il n'y a justement personne sur la route... ça la met dans une panique folle. Elle prend vraiment peur, peur du danger, peur de nous perdre parce que nous essayons de quitter les limites de ce monde rassurant que nous avons fixées pour elle...

 

Ce n'est pas facile d'être un modèle...quand on n'est pas soi-même irréprochable...

 

  Photo: Thomas Siepmann  / pixelio.de
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4 janvier 2012 3 04 /01 /janvier /2012 10:39

 

 

Il y a des tâches que je repousse volontiers à plus tard... comme par exemple, faire le tri dans les vêtements de mes Loulous, faire sortir de l'armoire ceux qui sont devenus trop petits et aller chercher ceux de la taille au-dessus, les vases communicants, somme toute. Je n'aime pas m'y mettre, à la fois parce que c'est une tâche très fastidieuse et longue (il faut dire que je trie cela avec une maniquerie maladive...cf. supra), mais aussi parce que ça me fait un pincement au cœur à chaque fois que je dois me séparer d'un des vêtements de mes enfants. C'est drôle, ce n'est pas moi qui les porte, mais c'est moi qui m'en sépare... Ce sont tellement de souvenirs qui remontent à la surface à chaque foisje déplie une de ces minuscules pièces...

 

DSCN3188.JPG

  • Cette jupe en vichy de ma Louloute = un après-midi nuageux sur la plage des Sables d'Olonne, avec les vagues qui lui courent après et qui la rattrapent immanquablement alors qu'elle croit être plus rapide

  • Ce petit débardeur rayé = la fois où on a écossé les petits-pois sur la terrasse

  • Cette doudoune fushia = la fois où ma pauvre petite puce est rentrée de l'école en ayant vomi (il y en avait jusque dans les poches!).

    C'est pareil pour mon Loulou :

  • Ce pyjama rayures milleraies Petit Bateau = les taches de crème au chocolat faites dès la première fois où il l'a porté et qui ne sont jamais parties (mais j'ai continué à lui mettre, j'adore les rayures milleraies, c'est viscéral)

  • Ce body avec des petits poissons = Nos premières vacances familiales à Dinard quand Loulou avait 5 semaines...on l'avait acheté au marché (le body, hein, pas Loulou!)

A chaque fois c'est un véritable crève-cœur pour moi de me séparer de ces « pépites »...

 

Pourtant, je sais que ces vêtements cèdent la place à d'autres, plus jolis les uns que les autres, achetés par les grands-mères souvent plusieurs années à l'avance (ma mère est la pro des soldes!) ou donnés par des cousines dont les enfants sont plus grands.

Pourtant, je sais que ces vêtements ne sont pas perdus pour toujours, oubliés au fond d'un grenier. Ils ont, pour la plupart, une seconde vie, puisqu'ils servent à ma nièce et mon neveu, tous deux d'un an plus jeunes que mes Loulous. J'essaie aussi d'en revendre quelques-uns, des pièces particulièrement neuves, que ma fille n'a jamais daigné enfiler ou que mon fils, en pleine croissance, n'a pas eu le temps de porter. Pour ceux là : direction la bourse aux vêtements ou la boutique d'occasion... la séparation est d'autant plus facile avec ces vêtements que je n'ai justement pas surinvestis... !

Pourtant il y aura peut-être un troisième enfant (même si à l'heure actuelle, je n'en ai vraiment pas envie), qui fera revivre les vêtements de ses frères et sœurs et les souvenirs qui vont avec...

 

Car c'est bel et bien les souvenirs de leur enfance que j'emballe dans ces cartons. Les moments de joie, les premières fois...des images aussi tenaces que certaines taches dont je n'ai pas réussi à me débarrasser...

 

Alors je classe religieusement mes petits trésors. Par taille, bien sûr, mais aussi par type de vêtement (les T-shirts avec les T-shirts, les robes avec les robes... Pas question de mettre tout en vrac dans une caisse), tous bien pliés et repassés. Je ferme le carton au dernier moment, d'un coup sec sur le rouleau de scotch brun, comme si je quittais un lieu avec la volonté de ne pas me retourner pour ne pas que la séparation soit trop dure. Je légende ensuite scrupuleusement le contenu : Loulou 12 mois - été et ½ saison.

 

Ouf, c'était éprouvant, une fois de plus. « Je ferai pas ça tous les jours... »

Pas étonnant que je procrastine : ça remue tellement de choses en moi, ces coffres aux trésors cartons de fringues...

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C'est qui C-cilou?

 

Maman de deux Loulous (4 ans et 20 mois), prof en congé parental, mariée à Monsieur C-cilou.

Je blogue pour répondre à une irrésistible envie de de décrire le quotidien, pour lui donner plus de saveur, le rendre plus rigolo et doux, comme un ourson haribo...et éviter que ma mémoire ne se vide à la vitesse d'un paquet de bonbons ! Je blogue pour prendre du temps pour moi, pour me poser, réfléchir, comprendre, partager.

Depuis Septembre 2011, nous vivons à Berlin (oui, oui, en Allemagne).

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