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26 août 2011 5 26 /08 /août /2011 00:00

473287_R_K_by_Stephan-Hahnel_pixelio.de.jpgJ'avais déjà parlé de la culpabilité maternelle il y a deux semaines. Maintenant, j'aurais envie de réfléchir à des solutions pour en finir avec cette culpabilité qui nous ronge. C'est difficile, dans la mesure où la culpabilité maternelle a de multiples causes et origines et tant ses manifestations sont plurielles.

 

J'ai trouvé dans un article de Claude Halmos intitulé « Parents: arrêtez d'écouter les "spécialistes" »* quelques pistes pour reprendre confiance et sérénité.

 

"S'interroger, se remettre en cause est, en effet, lorsqu'on est père ou mère, normal. Le doute est même le signe -positif- de celui qui a pris conscience de l'ampleur et de la complexité de sa tâche, conscience de ses responsabilités. (...) Que le doute soit normal signifie-il pour autant que le parent doive se remettre en cause en permanence et s'astreindre à une heure de méditation chaque fois qu'il demande à son enfant d'aller se laver les mains? Bien sûr que non ! Laisser place au doute dans l'éducation ne signifie pas lui laisser toute la place. D’abord parce que la vie de père ou de mère n'a pas à se transformer en chemin de croix. Et surtout parce que les enfants ont besoin que leurs parents tiennent debout. C'est-à-dire soient, malgré leurs interrogations, suffisamment sûrs d'eux mêmes pour ne pas se laisser déstabiliser. "


Les parents d’aujourd’hui éprouvent le besoin d’être guidés, d’être accompagnés dans leurs prises de décisions éducatives. Pour ce faire, ils cherchent les réponses à les questions chez les psys et autres « spécialistes ». Or « l’aide psy qui leur est massivement proposée par les médias, aussi paradoxal que cela paraisse – loin de les guider, les désoriente », constate Claude Halmos.


Cela m’a rappelé une phrase que j’ai justement lue sur un blog dans le cadre des Vendredis Intellos, je crois que c’est chez Mme Déjantée justement, mais je n’ai pas réussi à la retrouver. Cette phrase disait : je serais bien en peine d’expliquer à une mère indienne qu’une mère occidentale ne prend aucune décision concernant son enfant sans avoir au préalable consulté un homme qu’elle ne connaît pas, mais qui passe pour être un spécialiste de l’enfance… Situation singulière, s’il en est…


De plus, les « spécialistes », selon Claude Halmos, donnent des injonctions contradictoires aux parents. Certains recommandent démagogiquement d’écouter leur « petite voix intérieure », d’autres donnent des conseils très précis sur l’âge auquel supprimer le biberon, le doudou, la tétine et des réponses très étayées sur ce qu’il faut faire quand son enfant refuse de manger ou de dormir. Donc c’est déjà problématique, pour peu que l’on lise justement des avis de différents «spécialistes », puisqu’on risque effectivement de s’y perdre et de ne plus savoir quelle est la bonne réponse à sa question.


Ensuite, comme chaque conseil ne vaut, théoriquement, que pour une personne donnée, en tenant compte de sa situation et du contexte…les conseils d’ordre général donnés par les livres et autres « spécialistes » sont forcément difficiles à appliquer. Pour la simple raison qu’ils ne sont pas taillés sur mesure pour nous et notre enfant. « Plaqué de l’extérieur sur un problème, [le conseil] a peu de chances d’être efficace. Et même quelques raisons d’être dangereux. Et l’opération est lourde de conséquences. En cas d’échec, en effet, le parent (qui incrimine rarement le « spécialiste ») s’en attribue quasiment toujours la responsabilité et se dévalorise encore un peu plus. (…) Et de « conseil » en « conseil », finit, comme ils sont tous contradictoires, par douter non seulement de lui-même, mais de tout. »

Et voilà : du doute au sentiment de culpabilité, il n’y a qu’un pas, que nous franchissons pour la plupart allègrement…


Alors, que propose Claude Halmos pour que les parents reprennent confiance en eux ?

Refuser l’infantilisation induite par ces « conseils » qui nous désapprennent à penser par nous même. « Car tous les parents sont capables de s’occuper de leurs enfants. Non pas parce qu’ils auraient en eux une petite voix intérieure, un bon génie intériorisé qui les mènerait inéluctablement vers « le bien ». Mais parce qu’ils ont, tous, la possibilité de réfléchir, de penser. »


Ils ne font donc pas chercher des « conseils » mais des explications sérieuses, claires et cohérentes. Vouloir comprendre, oui, mais attendre qu’un autre pense à notre place, non.

Dans tous les cas, la solution, c’est nous qui devons la trouver. Et nous en sommes capables.

 

Contribution dans le cadre des "Vendredis Intellos" de Mme Déjantée

 

bébé lit final

 

(* Article publié dans « Psychologies Magazine », n°306 Avril 2011)

 

Photo: Stephan Hahnel  / pixelio.de

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commentaires

Clem la Matriochka 30/08/2011 11:54


J'aime beaucoup ton analyse. Certains livres m'ont permis d'avancer et de m'élever parce qu'ils m'ont amenée à une réflexion dont j'avais besoin. Pour moi, ça c'est un bon livre !


Xtinette 29/08/2011 21:22


Vaste sujet mais j'avoue que l'anxiété est mon problème numéro 1 du coup je n'ai même pas le temps de culpabiliser !


Mme Déjantée 28/08/2011 21:31


Merci beaucoup de ta contribution!!!
Donc, petite précision, la citation, c'est le "Concept du continuum"...
Sinon, j'espère pouvoir rebondir dans le débrief sur ta contribution vu que je suis en train de lire "L'art d'accommoder les bébés" qui analyse exactement cette perte de confiance...
Allez, à lundi!


Aizen 27/08/2011 01:41


Bon tant mieux alors si ça coulait de source pour la 2ème! ^^
Mais je pense que tu dois être quelqu'un de vraiment sensible. J'espère que tu culpabiliseras moins. Je pense qu'on peut être sévère et juste, on peut se montrer non avenant, sans pour autant être
haineux en tant que parent. Et je ne pense pas que les enfants détestent leurs parents pour autant. Au contraire, ils les remercieront plus tard de les avoir éduqué, dans la joie et la rigueur
aussi. Je n'ai encore jamais eu d'enfant, mais un jour j'aimerais en avoir. Je me met souvent à la place de mes parents, et je suis heureuse qu'ils n'aient pas été des parents trop permissifs, ou
laxistes. Je pense que les enfants ont besoins de valeurs et de repères, d'amour et de tendresse. Tout au final doit s'équilibrer. Je te souhaite bon courage pour ton rôle de maman. ^^


C-cilou 28/08/2011 21:51



OUi c'est ça, c'set ce que disait l'article. Les enfants ont besoin de parents solides, pas de parents qui doutent. Ils ont besoin de parents qui savent quelles limites poser et ne pas y revenir.
Ce n'est pas être insensible, mais c'est apporter à son enfant de la sécurité et de la confiance en son entourage



Une Mère Ordinaire 26/08/2011 22:48


Tout comme cité plus haut, pour ma première je dois dire que j'ai littéralement paniqué, je recevais tellement de conseils (différents!) que j'étais incapable de savoir ce que JE considérais bon ou
pas pour ma fille... J'avais l'impression de tout faire de travers et cela m'angoissait encore davantage. Une fois que j'ai décidé de ne plus lire aucun magazine / livre / forum ou autre, j'ai
commencé à réfléchir sur tout ce que j'avais pu lire et ce qui me convenait ou pas. Pour ma deuxième, j'ai l'impression que tout coule de source!!


C-cilou 28/08/2011 21:49



En fait, autrefois, beaucoup de choses se transmettaient par le lien social, par la famille, le voisinage, les amies. Aujourd'hui, comme le lien social se distend, on ne sait plus trop à qui
demander conseil et on doute vite de ses capacités. Heureusement, il faut savoir reprendre confiance en soi, comme tu l'as fait, et on peut avancer...



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Maman de deux Loulous (4 ans et 20 mois), prof en congé parental, mariée à Monsieur C-cilou.

Je blogue pour répondre à une irrésistible envie de de décrire le quotidien, pour lui donner plus de saveur, le rendre plus rigolo et doux, comme un ourson haribo...et éviter que ma mémoire ne se vide à la vitesse d'un paquet de bonbons ! Je blogue pour prendre du temps pour moi, pour me poser, réfléchir, comprendre, partager.

Depuis Septembre 2011, nous vivons à Berlin (oui, oui, en Allemagne).

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